
Bénin : quand la finance inclusive passe au vert
Avec l’appui de ADA et de la Coopération luxembourgeoise, à travers le programme Finance inclusive et innovante mis en œuvre par LuxDev, le Fonds national de la microfinance du Bénin a récemment lancé une ligne de financement intitulée « Crédit Vert », destinée aux institutions de microfinance, afin d’aider les producteurs agricoles et les micro, petites et moyennes entreprises à investir dans des solutions à dimension environnementale et durable.
Donner aux IMF les moyens de financer la transition verte
Malgré l’intérêt croissant pour les solutions durables, les exploitations agricoles et les micro, petites et moyennes entreprises rencontrent des difficultés pour financer leurs investissements. Le coût initial d’un système d’irrigation économe en eau ou d’un équipement solaire peut, par exemple, être difficile à supporter sans accès à un crédit adapté.
La ligne « Crédit Vert » mise en place par le FNM apporte des ressources financières aux IMF afin qu’elles puissent, à leur tour, développer des produits financiers spécifiques destinés à ce type d’investissement. Durant sa phase pilote, chaque institution éligible peut accéder à un financement pouvant atteindre 100 millions de francs CFA.
Concrètement, les IMF pourraient financer des équipements favorisant une agriculture durable, tels que des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte ou la mise en place de pratiques agricoles résilientes aux changements climatiques. Elles pourraient également financer l’installation de panneaux solaires individuels permettant aux entrepreneurs d’alimenter leurs équipements productifs, comme des moulins ou des systèmes de réfrigération.
Du mécanisme au financement concret
La création du mécanisme constitue une première étape. Son appropriation par les IMF et l’intérêt qu’il suscitera auprès d’elles seront déterminants pour que les financements atteignent les populations et les entreprises auxquelles ils sont destinés.
Beaucoup d’institutions financent déjà des activités répondant aux critères de la ligne, sans pour autant les avoir identifiées comme vertes. Afin de bénéficier du « Crédit Vert », les IMF devront analyser leur portefeuille et déterminer quelles activités correspondent aux critères.
Elles devront également adapter leurs produits. Les investissements dans les énergies renouvelables ou dans l'agriculture résiliente présentent souvent des coûts initiaux assez élevés et des retours sur investissement plus lents. Les agents de crédit devront, de leur côté, apprendre à évaluer des technologies ou des modèles économiques nouveaux.
Enfin, les IMF devront pouvoir suivre l’utilisation des crédits verts et documenter leurs effets, aussi bien sur l’activité économique des clients que sur l’environnement. Le dispositif prévoit notamment un reporting sur les types de projets financés, les profils des bénéficiaires et les résultats obtenus.
« La finance verte doit devenir un choix stratégique pour les IMF afin de permettre aux populations vulnérables des pays en développement, notamment en Afrique, de mieux faire face aux défis environnementaux et de devenir pleinement actrices des solutions. »
— Paul Delaunois, responsable du programme Agriculture résiliente aux changements climatiques de ADA

Une mise en œuvre concrète à travers le programme ARCC
Dans le cadre du programme Finance inclusive et innovante financé par la coopération luxembourgeoise et mis en œuvre par LuxDev, ADA a accompagné le FNM dans la définition et la structuration de sa ligne de financement « Crédit Vert ». L’élaboration d’un guide destiné à encadrer son utilisation par les IMF précise notamment les activités éligibles, les conditions d’accès au refinancement, les risques à prendre en compte ainsi que les exigences de suivi et de reporting.
Le projet de ADA Agriculture résiliente aux changements climatiques au Bénin illustre bien la manière dont cet appui peut se traduire sur le terrain. ADA accompagne quatre IMF afin de les aider à développer des solutions financières adaptées aux besoins des petites exploitations agricoles familiales.
Cet accompagnement porte notamment sur la sensibilisation des équipes de ces IMF aux enjeux climatiques, l’analyse de leurs portefeuilles agricoles et la définition de stratégies de financement intégrant l’agriculture résiliente. Les IMF sont également appuyées dans le développement et l’expérimentation de produits financiers adaptés à l’application de pratiques agricoles résilientes au sein de quelques filières préalablement sélectionnées.
En renforçant les capacités des IMF, ADA contribue à créer les conditions nécessaires à l’utilisation effective de la ligne de financement vert.