La certification du cacao porte ses fruits pour les petits producteurs en Ouganda
Hausse des ventes et des prix du cacao, augmentation des revenus des ménages des petits producteurs, amélioration de la qualité du cacao, adoption de meilleures pratiques agricoles durables et réduction du travail des enfants dans les exploitations de cacao : tels sont les résultats d’un projet cofinancé par SSNUP et développé par Alterfin pour ATW (African Trade Winds, une filiale d’Edelsource) en Ouganda.
Le projet s’est concentré sur la formation, l’audit et la certification des petits producteurs de cacao, en s’appuyant sur une plateforme numérique permettant de cartographier les exploitations, de collecter systématiquement des données sur les producteurs et les communautés, ainsi que d’évaluer les risques environnementaux afin de prévenir la déforestation et de répondre aux exigences du règlement européen sur la déforestation (EUDR).
Cette stratégie s’est révélée bénéfique pour les petits producteurs. Une enquête de perception commanditée par SSNUP et menée par l’Alliance Bioversity International et le CIAT (Centre international d’agriculture tropicale) auprès des membres de la coopérative Pamoja a conclu que la quasi-totalité des répondants (98 %) avaient adopté de bonnes pratiques agricoles grâce aux formations. Le même pourcentage de producteurs a déclaré avoir enregistré une hausse des rendements de cacao depuis la certification, ainsi qu’une augmentation des prix et des ventes de cacao à ATW. Par ailleurs, 97 % des producteurs ont déclaré une augmentation des revenus de leur ménage. Ces gains ont été réinvestis dans les terres, le logement, l’éducation, l’achat de motos et de petites entreprises.
Toutefois, l’enquête a également mis en évidence plusieurs domaines à améliorer. La tenue des registres et la documentation nécessaire au respect des exigences restent insuffisantes : presque aucun producteur ne dispose de contrats de travail ou de procédures écrites concernant la santé, la sécurité et le traitement des plaintes, bien qu’étant des exigences explicites de la certification. Par ailleurs, les coûts de transport et de logistique continuent d’augmenter les coûts de commercialisation, compensant en partie les gains de prix liés à la certification. Il sera essentiel de remédier à ces lacunes pour pérenniser et maximiser les bénéfices de la certification.