Finance d’impact : ADA veut toucher 1,5 million de personnes vulnérables d’ici 2030

26 mai 2026 Actualités
Un groupe de personnes deboit sur une scène

Depuis plus de trente ans, ADA œuvre aux côtés des populations vulnérables des pays du Sud. Le but est de leur donner accès à des outils financiers capables de réduire les vulnérabilités économiques. Dans un monde où les inégalités économiques et les chocs climatiques s'intensifient, cette mission prend une résonance nouvelle. D'ici 2030, l'ONG luxembourgeoise ambitionne d'accompagner 1,5 million de personnes vers une plus grande autonomie économique. 

Un livret froissé, tenu entre les mains d'une femme. À l’intérieur, une liste des années de cotisations qui ont permis de financer la scolarité de son fils, aujourd'hui directeur de l'agence de la coopérative locale de son village au Kenya. C'est avec cette histoire que Laura Foschi, directrice exécutive de ADA, a ouvert la présentation de la nouvelle stratégie de ADA lors d’un événement intitulé « La finance d’impact pour les populations vulnérables », devant l’auditorium rempli de la Banque de Luxembourg, le lundi 20 avril 2026. 

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Laura Foschi, directrice exécutive de ADA, sur scène en train de parler

© Eric Devillet

« C'est la première fois que nous nous fixons un objectif chiffré et public : accompagner 1,5 million de personnes vulnérables vers une résilience économique et durable d'ici 2030. »

— Laura Foschi, directrice exécutive de ADA

Un cap ambitieux, mais ancré dans une réalité tangible : ces quatre dernières années, ADA a accompagné plus de 900 000 bénéficiaires sur le terrain. 

Pour atteindre cet objectif, l’ONG s’appuie sur trois leviers complémentaires : le renforcement des compétences de ses partenaires locaux grâce à son expertise, l’accès à des financements via des fonds d’investissement luxembourgeois, européens et internationaux, et un apprentissage continu nourri par les expériences de terrain. 

Mettre les acteurs locaux au cœur du changement 

Le mot d'ordre de ADA repose sur une conviction simple : l’impact ne se construit pas seul. Pour avancer davantage, ADA place les acteurs économiques locaux au cœur de son action. Institutions de finance inclusive, coopératives de producteurs, PME et structures de formation aident ADA à bâtir un nouvel écosystème local et résilient, au service des populations vulnérables. 

Pour illustrer concrètement ce modèle, deux acteurs de terrain ont fait le voyage depuis le Guatemala pour témoigner de leur expérience. Dans leur pays, plus de 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et la vulnérabilité y prend de multiples visages : économique, climatique, éducatif, social. 

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Edgardo Perez, directeur général, Fundación Génesis Empresarial

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Edgardo Perez explique que Fundación Génesis Empresarial, dont il est le directeur général, accompagne des entrepreneurs et leurs familles.

« Forts de plus de dix ans d'expérience, nous sommes en mesure d'affirmer qu'en sept ans, nous pouvons sortir une famille de l'extrême pauvreté. »

— Edgardo Perez, directeur général de Fundación Génesis Empresarial

Pour y parvenir, l'institution propose des services financiers et non financiers pour améliorer leurs revenus, leurs conditions de vie, leur accès à l’éducation et aux soins de santé. Aujourd’hui, Génesis participe au parcours de développement de plus de 500 000 clients, dont 72% sont des femmes.  Avec ADA, elle a même développé un indice de résilience climatique pour mieux adapter ses produits aux aléas du changement climatique. 

Ana Gabriela Chinchilla, directrice des partenariats stratégiques d'Alterna, œuvre quant à elle auprès des PME à impact.

« La vulnérabilité, c'est un système complexe aux couches imbriquées. Ces PME que nous soutenons peuvent elles-mêmes être considérées comme vulnérables. »

— Ana Gabriela Chinchilla, directrice des partenariats stratégiques d'Alterna

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Ana Gabriela Chinchilla, directrice des partenariats stratégiques d'Alterna

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Pourtant, ce sont ces petites entreprises portées par des entrepreneurs locaux qui comprennent les besoins de leurs communautés. En quinze ans, Alterna a accompagné plus de 4 000 entreprises, en Amérique centrale, qui ont elles-mêmes touché plus de 6 millions de personnes, en leur donnant accès à des soins maternels, à l'énergie propre, à l'eau potable ou encore à des formations. Pour aller plus loin, Alterna a créé, avec l’appui de ADA, la société Devela Capital, un outil de financement pour les entreprises ayant un impact social et environnemental. Depuis 2018, le fonds a participé au financement de plus de 88 entreprises. 

 

Mobiliser les capitaux au service de l'impact 

C'est précisément pour permettre à davantage de partenaires comme Génesis ou Alterna d'exister et de se développer que ADA s'appuie sur un modèle de financement robuste, au croisement du soutien public et de l'investissement privé. 

Dans un contexte mondial difficile, où les budgets d'aide publique au développement ont chuté de plus de 20%, Georges Ternes, Directeur général de la Coopération au développement, rappelle une réalité : l'aide publique seule ne suffit plus. Il est désormais indispensable de maximiser l'impact des fonds publics en mobilisant l'effet de levier avec le secteur privé. « Et les chiffres parlent d'eux-mêmes », ajoute Georges Ternes.

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Georges Ternes, Directeur général de la Coopération au développement

© Eric Devillet

« Pour certains projets, 1 euro d'argent public peut générer jusqu'à 20 euros d’investissement d’impact. » 

— Georges Ternes, Directeur général de la Coopération au développement

C'est dans cet esprit que Xavier Bettel, Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, a confirmé l'engagement du Luxembourg aux côtés de ADA pour la période 2026-2030. Ce renouvellement est marqué par une contribution de 48,25 millions d'euros, soit près de la moitié du budget total du plan stratégique. Selon le ministre, le soutien de la Coopération luxembourgeoise à ADA s’inscrit pleinement dans une logique de partenariat et de synergies.

« En soutenant une organisation qui travaille sur le terrain et avec des investisseurs d’impact, tout en mobilisant l’expertise financière du Luxembourg, nous renforçons l’effet de levier des fonds publics et contribuons au développement de la finance d’impact au service des populations vulnérables. » 

— Xavier Bettel, Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire

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Xavier Bettel debout à un pupitre en train de faire un discours

© Eric Devillet

Pour des pays comme le Luxembourg, l’accès aux services financiers est un acquis. Ailleurs, il reste un défi majeur. Au-delà du soutien public, le secteur privé pourrait jouer un rôle clé, souligne Nicole Dochen, vice-présidente de ADA et membre du comité exécutif de la Banque de Luxembourg. Expertise, capacités de financement et relais d’influence : autant de leviers qui pourraient permettre de développer des solutions innovantes et d’élargir encore l’impact de l’ONG.