Semer la résilience : de l’expérimentation à la mise à l’échelle

28 avril 2026
photo ARCC formation

En 2025, la FUCEC-TOGO et ADA ont mené la première phase d’un projet avec une vingtaine de petits exploitants agricoles afin de tester des pratiques agricoles visant à renforcer leur résilience face aux effets des changements climatiques dans une préfecture au Togo. Les premiers retours du terrain sont encourageants, montrant une augmentation des rendements ainsi qu’une satisfaction globale des participants quant à l’adoption de nouvelles techniques agricoles. Sur la base de cette expérience, ADA ambitionne de développer une méthodologie réplicable dans d’autres préfectures, puis à plus grande échelle dans d’autres pays de la sous-région de l’Afrique de l’Ouest.

L’agriculture togolaise reste fortement dépendante des précipitations. Dans un contexte de changements climatiques, cette dépendance fragilise les exploitations et affecte les rendements agricoles. 

Face à ce défi, le réseau d’IMF la FUCEC-TOGO et ADA ont lancé une initiative dans la région des Plateaux visant à développer un kit « agriculture résiliente », combinant des services financiers et non-financiers destinés aux petits exploitants. Pour concevoir une méthodologie d’accompagnement adaptée à leurs besoins, une première phase du projet a été mise en œuvre avec une vingtaine de participants.

Le kit « agriculture résiliente » pour la culture du maïs comprenait les services suivants :

  • Formation théorique et pratique des producteurs sur les bonnes pratiques d’agriculture résiliente aux changements climatiques (ARCC) 
  • Accompagnement dans la mise en œuvre des connaissances acquises de la formation sur le terrain
  • Fourniture de certains intrants (semences et fumure organique, etc.) et outils agricoles à un coût réduit
  • Accès à des services financiers : crédits d’exploitation agricole assortis de l’assurance indicielle et de garantie rendement qui permet de compenser les agriculteurs en cas de récolte insuffisante.

Afin d’évaluer l’efficacité de cet accompagnement, les participants ont appliqué les pratiques sur une partie de leurs parcelles, tandis que le reste était cultivé selon les méthodes traditionnelles.

Premiers résultats

Les résultats mettent en évidence une augmentation significative des rendements, notamment pour le maïs. Les parcelles ayant bénéficié des pratiques ARCC affichent un rendement moyen estimé d’environ 3,2 tonnes par hectare, soit près de trois fois supérieur à celui observé sur les parcelles cultivées selon les pratiques traditionnelles (1,2 tonne par hectare).

D’autres effets positifs ont également été observés : une amélioration de la qualité des sols, qui permet de meilleurs rendements lors des cultures suivantes, ainsi qu’une meilleure résistance des parcelles aux périodes de sécheresse.

Image
ARCC
Comparaison entre une parcelle exploitée selon des pratiques traditionnelles et une autre gérée selon les pratiques ARCC pendant une période de sécheresse, copyright Terre Bénie

Afin d’apprécier l’adoption des pratiques de production résilientes introduites dans le cadre du projet, ADA a réalisé une enquête auprès des participants. Celle-ci visait à mieux comprendre les défis liés à leur mise en œuvre, notamment en ce qui concerne le recours à des semences certifiées, la production et l’utilisation du compost organique, l’ajout du phosphate à la fumure organique, le billonnage, le paillage et le recours à une mécanisation légère.

Les participants identifient l’utilisation de semences certifiées et du compost organique comme les pratiques les plus accessibles. Toutefois, la production du compost reste plus contraignante, en raison d’un accès limité aux intrants organiques (déjection animale) et d’un besoin important en main-d’œuvre.

Le manque de main-d’œuvre a été également cité comme l’un des obstacles principaux à la mise en œuvre du billonnage et du paillage, tous les deux nécessitant des efforts physiques supplémentaires.

L’élément le plus satisfaisant relevé par les participants reste l’augmentation du rendement à la suite de l’application des pratiques résilientes : 90 % des agriculteurs déclarent avoir eu un rendement nettement supérieur sur les parcelles résilientes par rapport aux parcelles traditionnelles. 

 

L’élément le plus satisfaisant relevé par les participants reste l’augmentation du rendement à la suite de l’application des pratiques résilientes : 90 % des agriculteurs déclarent avoir eu un rendement nettement supérieur sur les parcelles résilientes par rapport aux parcelles traditionnelles. 

« L'agriculture résiliente a donné beaucoup plus de récolte que l'agriculture traditionnelle. »

— Participant au projet

Réplication et mise à l’échelle de la méthodologie

À la suite de cette première expérience encourageante, ADA et la FUCEC-TOGO travailleront pour lever les obstacles identifiés afin de pouvoir mettre à l’échelle la méthodologie d’accompagnement. En 2026, plus de 200 petits exploitants ont déjà exprimé leur intérêt à bénéficier du kit d’agriculture résiliente. En collaboration avec le réseau d’IMF FECECAM-BENIN, ADA est également en train de répliquer la méthodologie d’intervention au Bénin, en l’adaptant au contexte local. 

Ce projet pose des bases solides pour accompagner les petites exploitations vers une résilience durable. À moyen terme, un enjeu clé demeure : l’accès adéquat aux marchés, indispensable pour transformer ces progrès en opportunités économiques pérennes.